Mon expérience de bénévolat au Maroc

Bastien, 22 ans. 

Passer du temps à l’étranger est toujours une expérience formatrice, et mon séjour au
Maroc ne fait pas exception. Dans le cadre de ma formation d’ingénieur, j’ai eu la chance
de passer deux mois à Salé, au Maroc, pour enseigner le français en tant que bénévole. Cet
article retrace mon parcours, les moments marquants, ainsi que les découvertes culturelles
qui ont rendu cette expérience profondément enrichissante.

1. Au coeur du centre de Tabriquet

Pendant deux mois, j’ai eu l’opportunité d’enseigner le français dans un centre situé à Tabriquet, un quartier de Salé. Ce centre accueillait des publics très variées, chacun avec
ses besoins et ses attentes propres, ce qui a rendu l’expérience particulièrement riche.
J’ai eu l’occasion de travailler avec trois groupes distincts : un groupe de femmes adultes
débutantes âgées de 40 à 60 ans, un groupe d’enfants du primaire et enfin un groupe
d’adolescents et de jeunes adultes déjà avancés en français.

Le groupe des femmes, premières victoires

Ce groupe était composé de femmes adultes, pour la plupart en situation d’analphabétisme. Pour certaines, le français était totalement nouveau. Leur compréhension
orale était très faible, parfois inexistante, et la lecture ou l’écriture représentaient un défi immense. Au début, il fallait apprivoiser l’alphabet, répéter les sons, tracer les premières lettres. Malgré la difficulté, l’enthousiasme était là : chaque séance était ponctuée de rires,
d’encouragements mutuels et de moments de fierté. Ces femmes ne venaient pas seulement pour apprendre une langue : elles venaient chercher une clé pour mieux s’intégrer, aider leurs enfants à l’école, ou simplement gagner en autonomie dans leur vie quotidienne.
Mention spéciale à Fatima : après deux mois de cours, elle a réussi à se présenter toute seule, sans que je souffle la réponse.

Le groupe des enfants, apprendre en jouant

Avec les enfants du primaire, l’ambiance était tout autre : un mélange d’énergie
débordante, de curiosité spontanée, et parfois aussi une joyeuse agitation qu’il fallait canaliser. Le défi était surtout de capter et maintenir leur attention. Pour y parvenir,
il fallait sans cesse inventer de nouvelles approches et transformer chaque apprentissage
en jeu. Ainsi les séances prenaient souvent la forme d’activités ludiques permettant d’introduire du vocabulaire et des structures simples.

Volunteer_With_GoExperienceMorocco

La diversité des niveaux dans le groupe était frappante : certains enfants possédaient
déjà des bases solides, grâce à l’école ou à leur environnement familial, tandis que d’autres
découvraient la langue. Pourtant, cette hétérogénéité se révélait enrichissante : la dynamique
collective favorisait l’entraide, et chacun progressait à son rythme, porté par
l’émulation du groupe.

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